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Une succession de choix et de hasards… Et Isabelle se consacre à des convictions… propres !

Cela me change ! Je connais Isabelle depuis longtemps. Je dirais neuf ou dix ans. Le temps passe tellement vite ! Elle aura été un des piliers de ma transition, comme pour nombre de ses clientes.

Je la connais depuis longtemps et pourtant, je l’interroge, comme les autres partenaires. Je ne peux rédiger son portrait sans la questionner, il y a tellement d’aspects de son parcours que je ne connais pas. D’ailleurs, elle verra mon étonnement à plusieurs reprises.

Pour l’interview, elle me reçoit dans sa boutique, à Saint-Just-le-Martel. Cette boutique, c’est l’aboutissement de vingt ans de travail. Et avec elle, Isabelle n’envisage pas du tout la retraite : elle a trop de valeurs à défendre !

Alors suivez-moi, je vous explique !

Qui est Isabelle ?

Isabelle, c’est une dame qui a toujours de superbes paires de lunettes, marques de sa singularité. Isabelle, c’est une sportive : ses rollers la suivent partout ! Il y a toujours une place pour eux dans la voiture, qu’elle doive partir en livraison ou chercher ses matières premières !

Isabelle, c’est une passionnée de cuisine. D’ailleurs, elle a écrit un livre[1]. Que dis-je ? Une mine d’or pour les idées, les associations, et l’accommodation des restes ! Isabelle, mariée, est maman de trois grands garçons et grand-mère de trois petits enfants.

[1] Son livre « Avec ce que j’ai dans mon frigo je fais quoi ce soir ? » — Éditions Ouest-France, est disponible dans sa boutique ou sur commande auprès d’elle. Prix : 9,50 €

Que fait-elle ?

Isabelle vend des produits ménagers et cosmétiques bio. Elle les fabrique presque entièrement[1] à partir de matières premières triées sur le volet. Aujourd’hui, elle en développe en moyenne un par trimestre et chacun a son histoire. En parallèle, elle commercialise des produits de la marque JEMAKO : ils sont bien souvent la porte d’entrée des clientes dans le monde de l’entretien domestique responsable.

Sa marque à elle, c’est Mylia. Elle a porté un autre nom avant, mais avec l’ouverture de la boutique et l’étoffement de sa gamme, Isabelle a redessiné son nom, son image, ses étiquettes, tout.

Comment en est-elle arrivée à ce projet ?

Dans une première vie, Isabelle était infirmière libérale en région parisienne. Ce n’était pas sa voie, mais celle de sa mère. Elle avait repris sa patientèle. Elle profite de la naissance de son deuxième fils et de la mutation de son époux pour abandonner le métier. Un troisième enfant arrive, un nouveau déménagement se profile et toute la famille découvre Limoges et ses alentours. La vie à la campagne, ils adorent.

Connaisseuse de la nature, elle n’a pas de prédisposition ni de sensibilité particulière pour l’écologie. Ça ne la préoccupe pas plus que ça.

Pendant quinze ans, elle n’aura pas d’activité professionnelle : elle voulait s’occuper de ses enfants à cent pour cent. C’est pendant ces années qu’elle écrit son livre. Puis, ils grandissent et les besoins évoluent. Elle ne souhaite pourtant pas reprendre mallette et pansements !

Et puis un jour, Isabelle reçoit un curieux cadeau : une microfibre miraculeuse qui facilite le ménage ! Elle teste et deux mois après elle signe avec la marque pour devenir « partenaire commerciale » !
Isabelle se lance avec le seul réseau qu’elle ait : les quelques mamans d’école qu’elle a rencontrées. Celles-ci adhèrent très vite au produit, en parlent à leurs copines et aux copines des copines… Tellement bien que certaines la rejoignent, deviennent conseillères à leur tour à ses côtés.

Mais il n’est pas toujours simple pour les clientes d’accepter une réunion pour parler torchons. Alors, elles tentent d’y associer des vêtements, des compléments alimentaires et même une fontaine à eau. Mais ce n’est pas cohérent, et ça ne la séduit ni clientes, ni vendeuses, ni elle-même.

Jusqu’à ce que…

Isabelle rencontre un homme qui va changer sa vie ! Nous sommes alors en 2012. Il lui parle du bio, du changement climatique, de la nécessité de changer ses habitudes. Elle est curieuse, elle s’informe. Elle enquête sur ce qu’elle utilise, se rend compte des « cochonneries » avec lesquelles sont fabriqués les produits qu’elle achète. Et ce qu’elle découvre deviendra son moteur.

Elle modifie radicalement certains de ses comportements, sensibilise époux, enfants, reste de la famille et ses co-équipières. Et elle se forme. Certes, elle connaît les calculs de dose, mais formuler un produit cosmétique ou lessiviel, c’est un autre métier.

Certains diront même qu’elle devient « jusque-boutiste ». Elle veut juste être la vitrine de ce qu’elle prône et montrer que c’est possible de faire autrement, avec des produits simples.

De grands changements

Isabelle se consacre à nouveau aux produits d’entretien et de soin, mais plus seulement avec la gamme qu’elle revend. Elle crée la sienne, développe une première marque. Elle vend exclusivement en réunion.

Puis l’envie d’avoir la reconnaissance due à son activité et d’avoir son local se prend de plus en plus de place. Alors, lorsqu’elle découvre par hasard l’endroit parfait, non seulement elle crée son local, mais elle ouvre aussi sa boutique !

Boutique Isabelle, succession de choix et de hasards… Et Isabelle se consacre à des convictions… propres !

Un long travail

Outre la formation nécessaire pour développer produits et techniques, Isabelle apprend aussi la législation ! C’est toujours mouvant et surtout très complexe. L’erreur est possible à chaque instant concernant l’étiquetage. Elle profite d’une inspection d’agents du contrôle de la concurrence et de la répression des fraudes pour faire de l’organisme un véritable partenaire.

C’est long aussi de sourcer les fournisseurs, de s’assurer de la qualité de leurs propres produits. Elle va au plus local et au plus cohérent dans sa démarche. C’est comme ça que la farine qu’elle utilise pour fabriquer la crème de vinaigre Cendrillon est produite par un agriculteur local qui cultive des blés anciens bio.

Quels sont les crédos d’Isabelle ?

Simplifier le quotidien en prenant soin de soi, des autres et de la nature. Vous promettre des produits simples, basiques, de qualité irréprochable et surtout sans aucun produit d’origine pétrolière.
Vous promettre des produits dont vous pouvez être sûrs de leur qualité, comme si vous les aviez réalisés vous-même à la maison, avec un peu de technique en plus !

Créer une entreprise dans laquelle les vendeuses sont des partenaires à part entière : non seulement elles ont leur propre clientèle, mais elles sont parties prenantes de toutes les décisions de l’entreprise (orientation de l’entreprise, nouveaux produits à développer, etc.). Et l’entreprise recrute. Pourquoi pas vous ?

Et Quezalim dans tout ça ?

Là aussi, c’est une longue histoire ! Isabelle connaissait, était tentée, mais ne voulait pas concurrencer ses vendeuses. Et puis elle a quand même senti qu’elle offrait la possibilité à ses clientes de Limoges de s’approvisionner sans l’appeler elle. Une nouvelle possibilité lui était ouverte.

Le hasard a fait qu’elle a intégré l’aventure juste avant la fermeture de la boutique. Mais elle a senti l’opportunité du nouveau format. Elle avait déjà démarché des CSE[1], mais y aller à plusieurs et rencontrer d’autres artisans, ce n’est pas du tout pareil.

[1] Comité social et économique

Ce qu’elle aime aussi, c’est le fait de s’adapter aux nouvelles manières de consommer : il faut aller vers le client, si l’on veut qu’il vienne nous !

Quand en plus on partage une éthique, que demander de plus ?

Vous avez une idée, un projet, contactez-moi !

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